1. Fièvre
La fièvre se définit comme une élévation de la température centrale, dépassant
37,5° C le matin et 37,8° C le soir, alors que le sujet est au repos depuis
plus d'un quart d'heure, et à jeun depuis plus de 2 heures. On mesure habituellement
la température tympanique. Les chiffres de la température prise
par voie axillaire ou buccale (à préférer à la voie rectale) sont augmentés d’un
demi-degré pour apprécier la température centrale.
La fièvre, indépendamment de son étiologie, peut être grave :
- chez le nourrisson et l'enfant de moins de 4 ans : risque de convulsions hyperthermiques et/ou de déshydratation,
- chez le vieillard : risque de déshydratation et de troubles du comportement,
- chez le patient porteur d’une tare sous-jacente, la gravité de la décompensation peut prendre le pas sur celle de l'infection.
Quel que soit l'âge, la fièvre peut être le symptôme inaugural d'une infection
qui risque rapidement d'engager le pronostic vital : il faut reconnaître l'existence
ou non de signes de gravité et savoir évaluer le degré de l'urgence : le
terrain et la clinique interviennent dans cette appréciation.
2. Classification des pathologies sous-jacentes
La classification de Mac Cabe est la plus utilisée :
- pathologie non fatale (NF) : patient indemne de toute pathologie sous-jacente ou porteur d’une pathologie sous-jacente non fatale ; ex : hypertension artérielle contrôlée, diabète non insulinodépendant, bronchite chronique sans retentissement aux EFR,...
- pathologie ultérieurement fatale (UF) : patient porteur d’une pathologie sous-jacente potentiellement fatale à échéance de 5 ans ; ex : bronchopneumopathie chronique obstructive, cirrhose non décompensée, insuffisance coronarienne peu grave et stable,...
- pathologie rapidement fatale (RF) : patient porteur d’une pathologie sous-jacente potentiellement fatale à échéance de 6 mois ; ex : myocardiopathie ou cirrhose du foie décompensée, BPCO avec hypoxémie grave et insuffisance ventriculaire droite, immunodépression grave (SIDA en phase terminale), cancer métastatique,...
3. Définitions des états infectieux
- Infection : l'infection est le résultat de l'agression d'un organisme par une bactérie, un virus, un parasite ou un champignon. La bactériémie traduit la présence de bactéries viables dans le sang. On décrit de la même façon la présence de virus, champignons, parasites et autres pathogènes (virémie, fongémie, parasitémie).
- Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS). C'est la réponse inflammatoire systémique à certaines agressions cliniques graves : pancréatite aiguë, ischémie, polytraumatisme, choc hémorragique, maladie de système. Ce syndrome est caractérisé par la présence d'au moins deux des signes suivants :
- température corporelle > 38° C ou <> 90 battements/min,
- rythme respiratoire > 20/min ou hyperventilation se traduisant par une PaCO2 <32>
- leucocytes > 12 000/mm3 ou <> 10 % de cellules immatures (en l'absence d'autres causes connues).
- Sepsis. C'est la réponse inflammatoire systémique à une infection. Elle se définit de la même façon que le syndrome de réponse inflammatoire systémique (cf supra). Le processus infectieux en évolution doit être confirmé au moins cliniquement.
- Sepsis grave. C'est un sepsis associé à une dysfonction d'organe, une hypotension ou une hypoperfusion.
- L'hypotension se définit comme une TA systolique <90 mmHg ou une réduction d'au moins 40 mm Hg des chiffres tensionnels habituels, en l'absence d'autre cause connue d'hypotension (médicaments hypotenseurs, choc cardiogénique).L'hypoperfusion se traduit habituellement, mais non exclusivement, par une acidose lactique, une oligurie, une altération aiguë de l'état de conscience.
- Choc septique. C'est un sepsis associé à une hypotension persistante, malgré un remplissage vasculaire adapté qualitativement et quantitativement, accompagnée ou non de signes d'hypoperfusion. Les patients qui sont sous drogues inotropes ou vasopressives peuvent ne plus être hypotendus au moment où les anomalies de perfusion sont recherchées, mais ces patients sont considérés comme étant porteurs d'un choc septique. En présence d’un sepsis grave ou d’un choc septique, l’hospitalisation en unité de réanimation est la règle.
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